samedi 26 décembre 2009
La Route
Synopsis : Il y a maintenant plus de
dix ans que le monde a explosé. Personne ne sait ce qui s'est passé. Ceux qui
ont survécu se souviennent d'un gigantesque éclair aveuglant, et puis plus
rien. Plus d'énergie, plus de végétation, plus de nourriture... Les derniers
survivants rôdent dans un monde dévasté et couvert de cendre qui n'est plus que
l'ombre de ce qu'il fut. C'est dans ce décor d'apocalypse qu'un père et son
fils errent en poussant devant eux un caddie rempli d'objets hétéroclites - le
peu qu'ils ont pu sauver et qu'ils doivent protéger. Ils sont sur leurs gardes,
le danger guette. L'humanité est retournée à la barbarie. Alors qu'ils suivent
une ancienne autoroute menant vers l'océan, le père se souvient de sa femme et
le jeune garçon découvre les restes de ce qui fut la civilisation. Durant leur
périple, ils vont faire des rencontres dangereuses et fascinantes. Même si le père n'a ni but ni espoir, il
s'efforce de rester debout pour celui qui est désormais son seul univers.
Un des points forts est certainement le duo Mortensen/Smit-McPhee qui montre une complicité père/fils souvent pleine de solidarité et d’émotion. Viggo Mortensen montre une fois de plus qu'il est l’un des acteurs les plus talentueux du moment: il est très convaincant dans ce rôle de père déterminé à sauver son fils et à l’accompagner vers un monde meilleur loin de la famine, du cannibalisme et de la violence quotidienne.
Au niveau couleur, le contraste est flagrant entre le passé idyllique (les flash-back du père avec sa femme qui le hantent) et ce gris désespéré qui caractérise le présent. De très belles photos de paysage très représentatives nourrissent l’atmosphère. Le film est très sombre mais malgré tout des lueurs d’espoir apparaissent ici et là.
Ce parcours se caractérise par une évolution faite de rencontres parfois cruelles, de bonnes surprises ou de courage.
Pour l’enfant, la route apparaît comme initiatique, il est récepteur de ce feu intérieur que lui transmet son père et qui lui permet de toujours y croire mais il est aussi celui qui le remet en question comme par exemple sur la solidarité malgré la cruauté ambiante.
Viggo Mortensen expliquait dans une interview que le film poussait au paroxysme les inquiétudes des parents quant au bien-être de leurs enfants.
Le film peut rappeler « The Myst » pour le choix de vivre ou mourir, il fait aussi écho à « Délivrance » pour ses références au retour de l’homme à l’état primaire. Mais il est loin de « Mad Max » qui est plus à classer dans le genre action.
Autre point fort : la présence de Nick Cave et Warren Ellis (violoniste des Bad Seeds) à la musique. Elle ajoute aux jeux des acteurs et à la photo, l’élément définitif qui fait de cette adaptation un film riche et incontournable pour cette fin d’année.
A noter qu’un autre film de John Hillcoat est à l’affiche : « The Proposition » dans lequel deux hommes situés aux deux extrémités de la loi passent un marché secret et décisif.
Emmanuel Derouet
dimanche 6 septembre 2009
Inglourious Basterds
Dernier Tarantino en date, « Inglourious Basterds » apparaît comme un film coup de poing. Les codes tarantiniens sont réunis : une musique à couper le souffle composée par l’incroyable Ennio Morricone, des répliques cultes, un mélange de références savantes via des réalisateurs allemands et d’une culture populaire de série B, des acteurs à la hauteur et un enthousiasme communicatif dans la réalisation.
Le sujet est pourtant tendu, le film se passe pendant l’occupation nazi en France et Tarantino arrive à passer d’un sujet grave à une succession de personnages loufoques. C’est là qu'il est fort, il peut créer une ambiance glaciale, dérangeante et la briser avec pertinence par une réplique qui renvoie le film dans un autre genre. Son « allié », c’est certainement Christophe Waltz (récompensé lors du dernier festival de Cannes), un ss surnomé le chasseur de juifs « qui fait son travail » sans pitié mais qui posséde un art de la persuasion incontésté et qui se montre très inquiétant. L’interprétation est sans faille, il crève l’écran. De l’autre coté Brad Pitt, excellent dans ses expressions et qui tout comme Samuel Leroy Jackson et son Eizekiel 25,16 dans « Pulp Fiction », va de sa petite phrase quand il s’agit de marquer les nazis. Il mène d’une main de maître ses Basterds. Parmi eux, notons la présence d’Eli Roth (réalisateur d’ « Hostel » et d’un court-métrage inédit en France dans « Planet Terror »), son arrivée avec sa batte de baseball est grandiose, il est l’ours juif qui dérouille les nazis, car oui, Roth s’en donne à cœur joie quand il faut frapper et faire saigner jusqu’au gore, son regard est très expressif et ne laisse entrevoir qu’une violence tentant de se contenir. Mélanie Laurent est vraiment à la hauteur, très présente à l’écran, elle incarne la femme vengeresse à l’instar de The Bride dans « Kill Bill ».
Les références de Tarantino sont explicites : on sent que le scénario a été écrit à la lumière des excellents « Douze Salopards » de Robert Aldrich avec Lee Marvin, les films d’Henri-Georges Clouzot (« Le Corbeau »ou « l’Assassin habite au 21 ») à l’affiche dans les cinémas, quelques détails aussi comme une scène de quelques secondes reprise de « Scarface » ou la marque inexpliquée sur le coup de Brad Pitt qui peut renvoyer à « Pendez-les haut et court » avec Clint Eastwood.
La passion du cinéma pour Tarantino est définitivement présente : l’espionne allemande est une actrice, Mélanie Laurent tient un cinéma, l’anglais est un expert en cinéma allemand, etc…
Le film est pour public averti, il choquera les uns, laissera sur leur faim les autres et raviront les inconditionnels de Tarantino dont je fais parti. Bref, Il récrit l’Histoire et on adhère !
Un film jubilatoire, plein de rebondissements et hors norme.
NB : Attention ! La fin est surprenante et inédite au cinéma à ma connaissance.
Le film dans sa version originale est au moins à 25% en français.
Emmanuel Derouet.
Nous l'attendions depuis le mois de mai, ça y est enfin nous avons vu le nouveau film de Tarantino "Inglorious Basterds". Quel film !
Un film de Quentin Tarantino est toujours un évènement, celui-ci ne déroge pas à la règle. Avec ce film, il veut une fois de plus rendre hommage au cinéma qu'il aime. En effet, il fera référence au film "Les Douze salopards", à "Il était une fois dans l'ouest" où bien à "Scarface".
Mais heureusement, dans ce film on retrouve la marque de fabrique de Tarantino, à savoir les longs dialogues d'acteurs et leurs longs face à face, une mise en scène brillante et maîtrisée, et surtout un choix d'acteurs toujours très travaillé et très efficace. Comme d'habitude, il y a des scènes très sanglantes, aussi bien réussi d'ailleurs que celles de "Kill Bill" ou de "Réservoir dogs", elles s'intègrent très bien dans le film.
L'acteur Christoph Waltz joue le rôle d'un colonel SS dont la mission est de rechercher les juifs, c'est lui la révélation du film ! Il nous prend à la gorge avec son sadisme et sa perversion qu'il fait admirablement ressortir de son personnage, il fait très peur et fascine également. Cet acteur a reçu le prix d'interprétation à Cannes cette année et franchement c'était tout à fait mérité.
Ce film n'est pas, comme on peut l'avoir entendu, un film de guerre pur, mais c'est un mélange de films de genre comme le western-spaghetti, le film de guerre, le film policier. Dans ce film Tarantino, laisse une grande part aux acteurs et c'est tant mieux, en plus de Waltz, il y a un excellent Brad Pitt, une excellente Mélanie Laurent et un étonnant Elie Roth.
Pour moi, ce n'est pas le meilleur film de Tarantino, néanmoins, cela reste un très bon cru avec peut-être, quelques scènes d'humour difficile à accepter dans un film au sujet si délicat qu'est la seconde guerre mondiale et l'extermination des juifs par les allemands.
Dans ce film le réalisateur rend hommage au cinéma et c'est toujours aussi bon, de plus il signe une fin unique et inédite qui marquera les fans de film sur la seconde guerre mondiale et les autres.
Ce film est bien sûr a voir uniquement en version originale, ne serait-ce que pour la prestation exceptionnelle de Christoph Waltz !
Emmanuel Gouix.
jeudi 19 février 2009
rocknrolla
Sorti le 19 novembre 2008, "Rocknrolla" est le dernier film de Guy Ritchie après le désastreux "Revolver" en 2005 et avant "l'inquiétant" "Sherlock Holmes" avec Robert Downey Jr et Jude Law qui sortira fin 2009.
Guy Ritchie revient avec ce qu'il a su faire de mieux jusqu'à présent (laissons svp de côté "Revolver" !), à savoir le film de gangster "so british" teinté ça et là de fulgurances esthétiques certaines. Emmené par Gerard Butler ("300"), Tom Wilkinson (excellent second rôle du cinéma U.S.), et Mark Strong (vu dans "Mensonges d'état" et que l'on retrouvra aussi au générique de "Sherlock Holmes"), "Rocknrolla" se veut une variation de "Arnaques, crimes et botaniques" ou encore de "Snatch". Remplacez Jason Statham par Gerard Butler (les 2 acteurs jouent sensiblement les mêmes personnages) et vous aurez une idée du film. Bref, on reste en terrain connu...
Ce qui n'empêchera pas le spectateur; heureusement, de prendre un certain plaisir à la vision du film. Nous sommes en terrain certes balisé, mais c'est filmé, monté et joué avec une telle maitrise que l'on se laisse facilement happé par l'histoire (pas toujours limpide d'ailleurs)... Ajoutons à cela une bande son énergique (toujours présente dans les films de Guy Ritchie), une Thandie Newton que l'on n'avait pas revu depuis un bon moment, des scènes assez déjantées et un zest de folie bienvenue.
C'est un film qui vaut essentiellement pour ses acteurs. Si vous êtes fans des premiers films de Guy Ritchie, si vous aimez les gangsters, l'humour pince sans rire anglais et le style plutôt décalé, vous ne serez pas dépaysés et passerez 1h54mn très plaisantes. Pour les autres...
Christophe Dubourg
dimanche 15 février 2009
Le prix de la loyauté
"Le prix de la loyauté" , un film réalisé par Gavin O'Connor avec Edward Norton, Colin Farrell et Jon Voight.
Sorti en catimini le 3 décembre 2008, le film raconte une histoire d'honneur, de famille et de corruption.
Chez les Tierney, on est policier de père en fils. Pour cette famille, le code sacré des flics qui consiste à protéger les siens est bien plus qu'un code d'honneur; c'est un code familial. Pourtant, lorsque le scandale se fait plus fort que la loi du silence, chacun va devoir choisir son camp. Quatre policiers sont abattus dans une affaire de drogue, et l'évênement, largement médiatisé, fait la une des journaux. Mais quelque chose ne tourne pas rond. Il se pourrait qu'il se soit agi d'un piège. En effet, les trafiquants semblaient prévenus de l'arrivée de la police... Ray Tierney (E.Norton), va être chargé de l'affaire. Dans son enquête, il devra composer avec son beau-frère également flic,(C.Farrell)...
C'est un film "à l'ancienne", ressemblant par de nombreux côtés au superbe "La nuit nous appartient" de James Gray auquel on ne manquera pas de le comparer. Du script de Joe Carnahan ("Narc", "Mise à prix"), Gavin O'Connor brode une histoire policière "classique" qui fait davantage la part belle aux sentiments humains plutôt qu'aux fusillades. En cela, il rejoint certains films des années 50 qui prenaient le temps d'établir le caractère des personnages et d'installer une atmosphère avant tout. Cette saga centrée sur une famille New-yorkaise multi-générationnelle emmenée par le père (très bon Jon Voight), envoute et repose davantage sur l'interprétation sans faille de ses acteurs que par son histoire que certains pourront trouver justement un peu trop classique, voir banale.
Edward Norton prouve qu'il est bien l'un des meilleurs acteurs de sa génération et Colin Farrell, après "Bons baisers de Bruges" , démontre à ses détracteurs qu'utilisé à bon escient, il reste également une valeur sûre du cinéma U.S.
Un excellent film noir dont le seul défaut serait peut-être d'arriver après le film de James Gray. Et pourtant, "Le prix de la loyauté", bien qu'ayant été réalisé en 2006, ne sort que maintenant ! Dans tous les cas, il mérite largement qu'on s'y arrête...
Christophe Dubourg
samedi 16 août 2008
Doomsday
"Doomsday", le nouveau film de Neil Marshall, le réalisateur du très bon "The descent", est sorti sans faire beaucoup de bruit le 2 avril dernier.
Film d'anticipation situé dans l'Angleterre de 2030, le film met en scène le Major Eden Sinclair (la belle Rhona Mitra, aperçue récemment dans "Skinwalkers"), une femme à la tête d'un commando chargé d'une mission périlleuse pour ne pas dire suicidaire : aller récupérer un remède dans une Ecosse décimée par un virus une vingtaine d'année plus tôt. Bien sûr, les choses ne se passeront pas comme prévues...
"Doomsday" se veut un hommage, ou du moins est présenté comme un film "somme" de ceux réalisés au début des années 80. Nous sommes entre "Mad Max" pour la barbarie et les poursuites en voitures et "New York 1997" pour le côté anticipation et infiltration en zone ennemie. Le personnage campé par Rhona Mitra rappelle par bien des aspects le Snake Plissken de Carpenter. Mais le film de Neil Marshall recycle également le bis italien qui a suivi les films cités. Des films où le gore s'invitait généreusement à la fête. Rappelez-vous "2019, après la chute de New York" (ça, c'est le haut du panier !) ou "Les exterminateurs de l'an 3000" (ici, on touche le fond !) et vous aurez une idée de ce qui vous attend. Neil Marshall, s'il ne révolutionne pas le genre, (merci à George Miller et John Carpenter), à au moins le mérite de nous en rappeler les fondements.
Le réalisateur convie donc les bonnes vieilles années 80 et leur pléthore de films bis (voir très bis et même très Z !) italiens pour 1h45mn de métrage décomplexé, bourrin et parfois gore ! Sans prétention aucune, Neil Marshall nous convie à un "revival" de ses films-là. Des films conçus pour un plaisir immédiat et qui n'ont d'autre but que de vous divertir sans trop réfléchir.
De plus, "Doomsday" évoquera immanquablement quelques vieux souvenirs pour les plus de 30 ans...
Christophe Dubourg
lundi 28 juillet 2008
Bienvenue au cottage
Sorti en catimini (sortie technique estivale, dirons-nous), le 9 juillet dernier, "Bienvenue au cottage" se présente comme une comédie horrifique à moitié réussie. Surfant sur le "revival" comico-gore anglais actuel - rappelez-vous "Severance", il y a quelque temps - "BAC" allie donc la comédie aux forts accents d'humour noir à l'horreur la plus improbable.
Deux truands (l'un, Andy Serkis- Gollum dans la trilogie de l'anneau-, en cerveau dépassé par les évênements) et son frère, (excellent Reece Shearsmith en gars vraiment pas futé), enlèvent une bimbo (Jennifer Ellison)et l'emmènent en pleine campagne. Là, les ennuis commencent. Ils vont être poursuivis par deux asiatiques et - surtout - pris comme gibier par un fermier peu recommandable. Entre les deux, la blonde va leur en faire voir de toutes les couleurs...
Vous l'aurez compris, ce n'est pas dans ce scénario somme toute assez banal que réside l'intérêt du film. La comédie (les trois quarts du métrage quand même), est ce qu'il y a de plus réussi... et de plus maitrisé. Mention particulière aux deux frangins qui emportent l'adhésion grâce à leurs mimiques, leurs airs dépassés et à cet humour anglais si particulier mais toujours aussi corrosif.
Là où le film fait clairement sentir ses limites, c'est dans sa dernière partie, lorsque intervient le "fermier" pour un final assez horrifique. Outre le maquillage grossier du tueur qui fait plus rire qu'autre chose - mais peut-être est-ce voulu ? -, les vingt minutes restantes (tranchent !) beaucoup trop avec le reste. A ce stade, le film à "le cul entre deux chaises". Et l'on se dit que Paul Andrew Williams, le réalisateur, aurait dû rester dans la veine comique qui s'apparentait un peu (toutes proportions gardées, bien sûr), à "Tueurs de dames" avec Sir Alec Guiness.
Le film reste néanmoins assez agréable à regarder mais l'on regrette vraiment que le réalisateur n'ait pas juste réalisé une comédie d'humour noir plutôt que ce film hybride qui hésite entre deux genres. Le résultat aurait été à coup sûr, bien meilleur.
Christophe Dubourg.
mercredi 2 juillet 2008
rambo
Le 4ème et (ultime ?) volet de la franchise tranche radicalement avec les précédents qui, hormis le 1er, versaient avec complaisance dans l'héroïsme bodybuildé décervelé et l'apologie de la toute puissante Amérique.
Ici, donc, point d'idéologie douteuse mais un constat brut (et le mot est bien faible face aux images proposées), sur la guerre civile qui fait rage à la frontière entre la Thaïlande et le Myanmar.
Pour Stallone, également réalisateur, l'histoire (très simple) n'est qu'un prétexte pour présenter un pays en guerre, meurtri, et surtout pour dénoncer la guerre dans toute son horreur et ses atrocités. C'est une première pour l'acteur (que l'on ne savait pas si engagé), et l'on sent bien qu'il souhaite nous montrer autant que nous choquer en filmant des scènes de barbarie, de sadisme et de torture souvent insoutenables.
Le film n'a donc rien d'hollywoodien (le sang coule à flot, le gore suit juste derrière); pas non plus de ralentis incongrus ou d'images "Michaël Baylisées". Nous sommes dans un réalisme assez crû et déstabilisant de par cet aspect "brut". Un réalisme auquel Stallone ne nous avait jamais habitué. Il est d'ailleurs intéréssant d'y voir un parallèlle avec sa carrière d'acteur qui depuis le dernier "Rocky", prend l'allure d'une véritable rédemption. Pas comme dans les anciens films de l'acteur où cette fameuse rédemption n'était qu'un prétexte pour offrir un héroïsme Reagannien de pacotille. Et là où Stallone fait fort, c'est que son personnage va à contre courant de ce que son public "habituel" est venu voir. Rambo ne tue pas pour son pays, il tue pour lui-même, pour assouvir sa soif de sang ! Il le dit lui-même dans le film. Enfin, Rambo dévoile sa véritable nature...
Un film radical dans la carrière de Stallone, pour ses fans... mais également pour les réfractaires qui changeront peut-être d'avis en voyant le film.
Non, Stallone n'est pas qu'une brute sans cervelle. "Rambo" démontre que l'étalon italien à encore des ressources et la capacité à nous surprendre.
Avertissement toutefois : A fortement déconseiller aux enfants et aux âmes sensibles.
(Le film sortira à la vente en dvd le 29 septembre 2008.)
Christophe Dubourg
mercredi 21 mai 2008
30 (1) jour(s) de nuit
"30 jours de nuit". Un film de David Slade ("Hard Candy"), adapté du comics de Steve Niles.
Josh Hartnett incarne le sherif de Barrow, une petite ville d'Alaska qui se prépare à subir ces fameux 30 jours de nuit. Bientôt, un étrange jeune homme fait son apparition dans les rues enneigées, amenant avec lui un cortège d'êtres assoiffés de sang. Le sherif n'aura pas trop de l'aide de son ex femme (Melissa George) ainsi que des habitants de la ville pour endiguer la menace des vampires qui viennent chercher du sang frais !
Le cadre, les premières images font immédiatement penser à "The Thing", de John Carpenter mais le tueur ici, s'avère tout autre. La première partie du film (la mise en place) est assez prenante avec la menace sourde qui apparait progressivement. L'image est léchée, la photographie et le cadre somptueux et David Slade s'avère être un technicien hors pair pour mener à bien son histoire... ou presque !
En effet, le titre du film est "30 jours de nuit", pas "une nuit en enfer" ! Je m'explique: à cause d'une mauvaise gestion du temps, le réalisateur donne l'impression que toute l'action s'étale sur une seule nuit. Et non pas sur 1 mois ! Ce qui est tout de même gênant pour un film intitulé "30 jours de nuit".
Malgré ce gros bémol, l'action est bien menée, le film, gore à souhait. Les acteurs sont trés bons, Josh Hartnett, Melissa George, et Ben Foster en tête. Dommage cependant que David Slade n'ait pas eu plus de tact pour traiter cette histoire de vampire. L'absence de frissons est compensée par le sang et l'action ce qui peut sembler regrettable au vu du potentiel dramatique du comics.
Non, "30 jours de nuit" n'est pas le "The thing" des années 2000. En l'état, il reste un bon film fantastique mené tambour battant avec d'excellents acteurs. Ce qui n'est déjà pas si mal...
Pour les frissons, allez voir ailleurs...
Christophe Dubourg
lundi 5 mai 2008
Stephen King dans la brume...
"The mist" (La brume en français), est adapté d'une excellente nouvelle de Stephen King ("Brume", livre de poche n°15159), par Frank Darabont, scénariste réputé et réalisateur confirmé ("Les évadés", La ligne verte", déjà de S.King).
L'histoire -en grande partie un huis clos-, raconte la survie d'un groupe d'individus isolés au sein d'un supermarché aprés qu'une mystérieuse brume a envahi la ville. Bientôt, ces personnes devront affronter leurs peurs, leurs différences et surtout, la menace dissimulée dans la brume...
Frank Darabont, grand spécialiste de King, délaisse un temps la mise en scène ample, aérienne de ses derniers opus pour nous livrer une réalisation assez télévisuelle qui colle au plus prés des personnages. Cela peut déstabiliser au départ (pour qui connait le travail de Darabont, pour les autres...), mais cela est mûrement réfléchi . En tournant ainsi cadre sérré et caméra à l'épaule, le réalisteur nous immerge totalement au coeur de l'action. Nous suivons donc les personnages comme si nous étions l'un des leurs, impliqués au même titre qu'eux dans cette histoire fantastique. Les acteurs -pas de stars au générique mais des têtes connues -, sont au service du récit et respectent assez bien leurs personnages de papier : Marcia Gay Harden, Thomas Jane, Laurie Holden, Jeffrey DeMunn, mais aussi le revenant William Sadler (habitué des films de Darabont et méchant principal de "Die Hard 2"), campent ainsi des personnages tendus, au bord du gouffre. Les scènes horrifiques sont rares mais bien construites, Darabont privilégiant largement l'aspect psychologique du groupe reclus dans un espace clos plutôt que les débordements sanglants. On pourrait certes reprocher à Marcia Gay Harden d'en faire trop dans son rôle de vieille bigote mais ce serait oublier qu'elle joue exactement le même personnage que son alter ego de papier.
Darabont se permet quelques références (S.King bien sûr, mais également "The thing"), et nous livre au final un film assez fort et à la conclusion assez gonflée dans la production hollywoodienne actuelle. La fin - quelle fin ! - est à ce titre beaucoup plus réussie et satisfaisante que dans la nouvelle de King.
Un très bon film qui, même s'il n'égale pas "The thing" de John Carpenter, réserve tout de même d'excellents frissons.
Christophe Dubourg
mardi 26 février 2008
Across the universe
"Across the universe". Sorti le 26 novembre 2007 dans l'indifférence quasi-générale, le film de Julie Taymor ("Frida"), est à l'instar de "Moulin Rouge", un film musical.
Prenant pour inspiration l'univers (et par conséquent l'oeuvre et les chansons) des Beatles, le film raconte une histoire d'amour colorée, contrariée, parfois même naïve mais toujours rythmée. Il est en outre porté par les interprétations sans faille des acteurs/chanteurs, Jim Sturgess, Evan Rachel Wood et Joe Anderson en tête.
"Across the universe" brasse ainsi divers courants et évênements des années 60 et 70 : les manifestations anti-guerre avec le Vietnam en toile de fond, les émeutes de Détroit, les années psychédéliques, le Rock and Roll...
Différentes influences non dénuées d'émotions, parfaitement digérées par la réalisatrice qui font de ce spectacle (qui a dit film ?), une oeuvre assez hors norme dans le cinéma actuel. Il rejoint ainsi "Moulin Rouge" de Baz Luhrmann au panthéon devenu assez confidentiel des films dits musicaux.
Pour qui apprécie un minimum "The Fab Four", le film de Julie Taymor est incontournable. Loin de trahir l'esprit et les chansons des Beatles, réorchestrées pour l'occasion, ce film est à réhabiliter (ou à découvrir) au plus vite.
En prime, vous reconnaîtrez aisément Bono, Joe Cocker et Salma Hayek venus faire une apparition clin d'oeil dans ce film.
Christophe Dubourg














