aquariusMercredi 28 Septembre 2016 sortira sur les écrans Caennais et dans toute la France le nouveau film du réalisateur Brésilien Kleber Mendonça Filho "Aquarius" avec Sonia Braga, Maeve Jinkings, Irandhir Santos.

Clara, la soixantaine, ancienne critique musicale, est née dans un milieu bourgeois de Recife, au Brésil. Elle vit dans un immeuble singulier, l'Aquarius construit dans les années 40, sur la très huppée Avenida Boa Viagem qui longe l’océan. Un important promoteur a racheté tous les appartements mais elle, se refuse à vendre le sien. Elle va rentrer en guerre froide avec la société immobilière qui la harcèle. Très perturbée par cette tension, elle repense à sa vie, son passé, ceux qu’elle aime.

A l'origine, Kleber Mendonça Filho voulait faire un film sur le goût de conserver des objets ainsi que sur la divergence entre les documents et les souvenirs. "Il m’a semblé intéressant d’avoir comme protagonistes une personne et un immeuble ayant tous les deux à peu près le même âge et se trouvant d’une certaine manière menacés", confie-t-il, en expliquant également qu'Aquarius est né d’une série d’évènements, dont un assez banal, à savoir un flot d'appels publicitaires reçus chez lui : "Cartes de crédit, mutuelles, abonnements télé ou presse. Je l’ai ressenti comme une attaque du marché, pour forcer les gens à acheter ce qu’ils ne désirent pas."

Dans son film précédent, Les Bruits de récife, Kleber Mendonça Filho s'attachait déjà à la construction d’un microcosme complexe, avec les différentes relations d’affect et de pouvoir qui l’habitent. Le réalisateur note : "Je pense qu’on ne peut pas représenter la vie et les actions quotidiennes sans mettre en lumière leurs contradictions, qui peuvent être intéressantes, drolatiques ou sinistres. En fait, dans l’écriture de mes films, il m’est difficile d’ignorer ces aspects de la société, et notamment de la société brésilienne. Aussi, ai-je toujours été frappé par les contradictions idéologiques des Brésiliens issus des classes sociales aisées : ils peuvent avoir une posture aristocratique et en même temps soutenir l’abolitionnisme et des valeurs de gauche… En somme, mon défi est de chercher à représenter cette société dans sa complexité."

Voici la bande-annonce de ce très beau film.

Emmanuel GOUIX.